Une rencontre

Ils me laissent indifférent. Leurs déplacements sont incohérents. C’est une espèce ridicule et bruyante.

Mais ce qui arriva ce jour là, c’était du jamais vu. Une de leur jeune pousse, mince et flexible comme un jonc s’est approchée. Le vent m’a apporté comme le murmure d’une demande. Suivit une longue attente. Le temps ici n’a plus d’épaisseur.

Elle était belle. Elle sentait bon l’herbe écrasée et la fleur d’églantier. Nous étions dans le même instant, dans la même présence. Celle qui n’est pas bornée par le langage. Attentive au bruissement de mes feuilles et au craquement de mes branches, elle s’enivrait des émanations amères de mon tanin. J’étais séduit. Elle osa plus et entra dans mon champ vibratoire, me touchant, caressant longuement mon écorce rude. Elle se colla à mon tronc et bravant mon mutisme posa une question secrète.

Nous étions en miroir. Il me suffirait d’être pour lui répondre. Mon sommet dégarni, mes branches crochues, mes racines noueuses, tout lui disait mon vécu, les tempêtes, la neige, le feu. Bientôt les insectes voraces me rongeraient l’intérieur jusqu’à ce que je me brise et me fende. Mon ventre ouvert cracherait une sciure rouge.

Elle, dans son bois lisse et jeune, moi dans mon âge nous sommes vivants ! La tête dans le ciel, nos racines dans le sol, la sève monte en nous. La jeune pousse s’est inclinée, m’a remercié et puis elle est repartie. Ne pas avoir peur. Un arbre n’est pas la forêt et ici on n’est jamais seul.

J.R.FOURNIERDSCN0871

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S’en aller aux champs …

Quitter sa zone de confort. ..

Il suffit de passer le pont…

C’est tout de suite l’aventure. ..

Passer son chemin s’ils ne sont pas là. ..Faire seul

Miroir de l’âme. ..se voir en noir et blanc

Et arriver tout soudain au petit château du Caire ou nous attend le Duc de Rivoli

Les miroirs d’eau

Arrive-t-il que l’on perde de l’altitude demande l’oiseau?

Et comment faire dans ce cas ?

Il faut chercher les miroirs d’eau Et s’y regarder. Chacun a le sien. Mais parfois on se voit mieux dans le miroir des autres que dans le sien.

La sécheresse des déserts et les fausses couleurs des miroirs d’eau sont la marque de la blessure.

Mais il y a aussi des oasis avec des roses.

Sur mon chemin ce soir

 Sur mon chemin j’ai rencontré :

  • La vieille cheminée de briques de l ancienne blanchisserie industrielle . Sur la façade on lit une date, 1884. Cest là que bouillaient, se rinçaient, sėchaient les draps  du beau monde des palaces de Cannes à la belle ėpoque.  Un permis de demolir est affiché sur la porte. Adieu patrimoine.
  • Plus loin les premiers bourgeons. Nous sommes le 21 Janvier. Bonjour Printemps. 
  • Et encore ce crėpuscule  se posant tendrement sur un quartier qui hésite  entre deux mondes, deux siècles. Un peu comme moi. 

Maloya 


Ce matin dans les hauts avec le chien. Pris sentier marron sous la pluie. yuccas rutilant sous l’averse. Océan haut à l’horizon puis petit brouillard. Je plonge dans l’épaisseur du temps. L’eau douce à ma peau comme des larmes.
Loin sous une bâche bleue des pique-niqueurs ont allumé leurs feux sous la marmite. De la dessous montent une fumée grise et le grondement inquiétant du gros tambour de la maloya . Me poursuivra tout le jour, même de retour.

A ma case pourtant je n’entends plus que la pluie frapper en cadence la taule de mon toit. Mais c’est la même plainte. Celle des esclaves lontan.

« Souvenirs de la marée basse » Chantal Thomas

C’est mon cadeau d’anniversaire, choisi pour moi par mon fils. Sur quel critère ? je l’ignore. J’ai vu que ce titre était sur la liste pour le Fémina. Je ne crois pas avoir jamais rien lu de Chantal Thomas  que je confonds – Pardon – avec une créatrice de lingerie chic. Ce livre est une chanson douce. Il sent bon l’enfance et les grandes vacances au bord de la mer. Les mots vous arrivent à l’oreille comme le bruit dans les coquillages et ils vous passent sous le nez avec une bonne odeur d’iode. Celle qui écrit aime nager, loin, longtemps, par tous les temps. C’est une petite fille ou une jeune femme ou encore sa mère. On ne sait pas bien. C’est égal.  » Les personne au fond ont un rôle secondaire. Ce sont les éléments qui nous dictent nos conduites, le soleil ou la pluie, le vent, le sable, les marées. » La phase glisse de chapitre en chapitre dans un crawl « à la beauté reptilienne ». Elle bat au rythme du flux et du reflux de page en page.

C’est un livre de plein air et de liberté tout en délicatesse et en sensualité. Il ouvre sur des bonheurs perdus. Peut-être pas. Chantal Thomas nous dit que le temps n’existe pas  » Demain n’existe pas ». A condition toutefois de ne pas avoir peur de se jeter à l’eau.

« Comme des enfants bleuis de froid nous voulons la morsure cruelle du présent »

Je souhaite vraiment que les dames du Fémina aient le même coup de cœur que moi.

 

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